lundi 30 septembre 2013

Dimanche 29 septembre : Dryden - repos forcé jour 2

Deuxième jour dans cette ville qui est décidément la plus moche de l'Ontario. Je n'ai rien fait, si ce n'est regarder des films, lire et faire une immense sieste. Je me suis lancé dans Les Rois Maudits en milieu de soirée, ça sent le chef d'œuvre.

J'espère que demain j'arriverai à convaincre un chiropracteur de me prendre entre deux rendez-vous.

L'usine de papier de Dryden dégage une odeur nauséabonde

dimanche 29 septembre 2013

Samedi 28 septembre : repos forcé à Dryden

Et me voilà bloqué à Dryden, dans tous les sens du terme. Je me suis déplacé une vertèbre durant ma nuit à Ignace. Du coup, je suis à nouveau dans une chambre d'hôtel, je regarde des films en attendant que ça passe, et je lis mon livre sur les abeilles. J'espère que demain ça ira mieux, mais j'ai bon espoir, car mon beau-frère Arthur m'a donné des exercices d'étirements à faire, ainsi qu'un médicament à prendre.

Un gros merci à toi Arthur, et à toi ma soeur Julie, pour tout tes conseils et tes mots d'encouragement.

Mon moral n'en est pas affecté, si j'ai bien appris quelque chose durant ce voyage, c'est bien de ne pas se laisser abattre par les obstacles qui se trouvent sur mon chemin!

samedi 28 septembre 2013

Vendredi 27 septembre : Ignace - Dryden (113km)

Après m'être réveillé trois fois durant la nuit pour regonfler mon matelas, c'est vers 8h30 que je me suis levé, avec cette fois-ci un bon mal de dos.

Après avoir tout rangé, je suis allé prendre mon petit-déjeuner au premier resto que j'ai croisé, pancakes et chocolat chaud (on ne change pas une combo qui gagne). Encore une fois, j'ai pris mon temps, car il n'y a qu'une centaine de kilomètres entre Ignace et Dryden, et le vent était encore avec moi.

C'est après un moment que Carolle, Gordon et Cathy on entamé la discussion avec moi, me demandant où j'allais etc... Ils venaient du Nouveau Brunswick, et rentraient chez eux, dans le Manitoba. Ils étaient très sympathiques, on a bien rigolé, et lorsque j'ai voulu partir, Carolle à insisté pour m'offrir mon repas! Je n'ai pas eu le choix d'accepter en voyant les yeux déterminés qu'elle m'a fait quand j'ai dit non. Après l'hospitalité ontarienne, la générosité du Manitoba...

J'ai donc levé l'ancre vers 11h30. Des averses étaient annoncés pour toute l'après-midi, et après une centaine de mètres, j'ai eu le droit à une pluie battante qui n'a duré que 5 minutes. Comme il faisait chaud, j'ai décidé d'enlever mon t-shirt, car j'aurais eu froid si je l'avais gardé.

La forêt est plus dense et moins sèche que les jours précédents. A un moment, je suis passer par un tronçon de route magnifique, avec un champ puis une colline boisée aux couleurs de l'automne. Il y avait du rouge, du jaune, et de superbes nuances de vert. J'ai essayé de prendre des photos, mais ni ma tablette ni mon appareil ont assez de résolution pour définir ce que j'ai vu. Je met tout de même une photo, alors, à vos imaginations les amis!

J'ai roulé 80km sans m'arrêter, mauvaise idée... Je pensais que le vent allait m'aider comme la veille, mais en fait il soufflait beaucoup moins fort, et la route était beaucoup moins plate. J'ai donc trop vite brulé mes ressources, et j'ai eu bien du mal à avancer après 70km. Heureusement, j'ai croisé cette épicerie où j'ai acheté trois parts de pain aux bananes et pépites de chocolat, histoire de refaire le plein de sucre. Il me restait une trentaine de kilomètres avant Dryden, et c'est petit à petit que j'ai senti mes forces revenir. C'était sans compter sur mon dos qui me faisait de plus en plus mal...

Arrivé à Dryden, je me suis arrêté au Tim pour prendre un thé (que je n'ai même pas fini tant il était mauvais), et pour voir si je n'avais pas eu de réponses à mes requêtes de couchsurfing. La seule que j'avais reçue était négative, bizarrement, ce n'était que des garçons que j'avais contacté, la seule couchsurfeuse de Dryden était en voyage.

Mon dos me faisant de plus en plus souffrir, c'est sans remords cette fois-ci que je me suis pris une chambre dans un motel. Pas question de repasser la nuit à me saccager le dos, en plus, il pleut des cordes ce soir. J'espère que ça ira mieux demain, de toute façon, il y a un chiropracteur en ville.

vendredi 27 septembre 2013

Jeudi 26 septembre : Upsala - Ignace (120km)

Le bonheur aujourd'hui!

Je me suis réveillé vers 9h, sous la même brume que la veille. C'est marrant, cette nuit, j'ai rêvé que je trouvais des trous dans mon matelas gonflable. Je me suis réveillé vers minuit pour le regonfler, mais c'est pas si pire, il se dégonfle pas totalement, et je n'ai pas mal au dos le matin.

J'avais follement envie d'un petit déjeuner canadien, oeufs, bacon et pommes de terres sautées. Comme ma tente était trempée, j'ai décidé de la laisser là pour qu'elle sèche, car le soleil devait percer en fin de matinée. De toute façon, je devais revenir pour payer les 12$ pour ma nuit dans ce parc.

Je suis allé dans ce petit routier familial, où j'ai dévoré ce fameux petit déjeuner, ainsi que deux parts de tarte fraise-rhubarbe. Le régal! Après avoir longuement téléphoné à ma maman et ma grand-mère, je suis retourné vers midi à mon campement pour tout ranger.

Une fois mon vélo prêt, j'ai pris la route, mais en repassant devant ce petit resto, je n'ai pas résisté à y retourner pour une autre part de tarte (à la base, je n'y allais que pour remplir mes réserves d'eau...). Crumble aux bleuets cette fois-ci, j'ai commandé une deuxième part, mais il n'y en avait plus. Bon, c'était 14h30, il était grand temps que je parte.

Le vent soufflait bien aujourd'hui, et avec moi! J'ai avalé les 120km en 4h08mn! Ce qui fait une moyenne de presque 30km/h!!! C'est plus facile effectivement, et quel bonheur de rouler torse nu, il faisait 21°C, c'était juste parfait. C'est une sensation merveilleuse que de sentir un élément avec soi... Comme lorsqu'on fait de la voile. C'est comme si la Terre elle même me donnait un coup de pouce.

Voilà deux jours que le paysage change, les forêts sont beaucoup moins denses, et les arbres sont plus secs.
Je suis arrivé à Ignace où j'ai vite trouvé un camping. Après une bonne douche, une machine à laver le linge, de bons etirements, et une bonne plâtrée de riz et de lentilles, c'est bien au chaud sous la tente que j'écris ces lignes.

jeudi 26 septembre 2013

Mercredi 25 septembre : Kakabeka Falls - Upsala (115km)

Je ne sais pas vraiment par quoi commencer aujourd'hui... Il y a tellement de choses!

Je me suis levé à 8h, je voulais prendre mon temps pour ranger ma tente que j'avais mise à sécher, ainsi que mon sac de couchage qui avait définitivement besoin de prendre l'air. C'est en mettant le nez dehors pour aller prendre mon petit-dej que j'ai remarqué le brouillard. On ne voyait pas à vingt mètres, je n'aurais pas dû changer l'incantation de Merlin la veille sur mon vélo, le Dragon m'a entendu ahah (@Guilhem)!

J'ai dévoré trois gros pancakes, généreusement arrosés de sirop d'érable, et accompagnés d'un bon chocolat chaud. Je suis ensuite allé tranquillement ranger mes affaires, car pas question de prendre la route avec cette purée de pois et c'est vers 11h15 que j'ai quitté ma chambre, car la brume était moins intense. La météo annonçait beau soleil toute l'après-midi, avec un bon 22°C!

Après avoir pris quelques photos des chutes, j'ai pris la route. Le troisième kilomètre de la journée m'a rendu très heureux : je venais d'atteindre les 2000, et c'est plein d'élan et de motivation que j'ai gravi cette côte de 7km qui n'attendait que moi.

Les soixante premiers kilomètres ont été très vallonnés, plus de montées que de descentes. J'ai dépassé le point à partir duquel tous les cours d'eaux s'orientent vers l'océan arctique. J'ai aussi changé de fuseau horaire, je suis à maintenant sept heures de la France, et une de Montréal, enfin en théorie, car à Upsala ils sont encore à l'heure de Thunder Bay pour des raisons commerciales.

Je n'ai pas vu la route passer, malgré les côtes du début. La deuxième partie du trajet n'était que du plat, et bonne nouvelle de plus, le vent était léger, et avec moi!!! J'ai eu la chance de voir un aigle attraper sa proie à une dizaine de mètres de moi, et reprendre aussitôt son envol. Il a manqué de peu de se faire percuter par un camion, mais il s'en est agilement sorti. Il a pris rapidement de l'altitude, et s'est éloigné pour j'imagine, savourer le fruit de sa chasse. Il était majestueux, son envergure était d'au moins 1m50! Il y en avait deux autres qui tournoyaient au dessus de moi, je pouvais bien les distinguer, avec leurs corps marron et leurs têtes blanches. Quel magnifique animal!

Je me suis trouvé un petit parc qui fait camping, au bord d'un lac à l'entrée d'Upsala. Il est juste magnifique et trop bien entretenu. Le bureau était fermé, mais je me suis tout de même installé. J'irai les voir demain, car j'ai utilisé le bois rangé sous la table à pique-nique pour faire un bon feu. Je me suis préparé du riz au thon, une bonne plâtrée pour fêter ma journée, miam!

En Ontario, il n'y a pas beaucoup de grandes villes, et quand on est loin de celles-ci, on voit les constellations à merveille, en vraiment gros, comme quand on est dans les Alpes, et on distingue bien mieux la profondeur de champ, c'est impressionnant! Je leur jette un coup d'œil de temps en temps alors que j'écris ces lignes au coin du feu.

mardi 24 septembre 2013

Mardi 24 septembre : Nipigon - Kakabeka Falls (150km)

Encore une belle journée!

Je me suis levé tôt ce matin : à 7h! J'ai rapidement rangé ma tente qui était trempée par la rosée. A l'intérieur aussi, à cause de la condensation, mais rien de gênant pour dormir. Le seul truc embêtant, c'est mon matelas gonflable qui se dégonfle petit à petit au cours de la nuit. Je ne sais pas trop pourquoi, il n'a pas pourtant pas l'air percé.

Je suis allé au Tim Horton boire mon chocolat chaud et manger un muffin. Après m'être régalé, et un petit coup de fil à mon Annabelle, c'est le cœur léger et le moral au plus haut que j'ai pris la route, vers 9h. Enfin une bonne matinée de vélo! Aujourd'hui, mon objectif, c'est Kakabeka Falls, qui se trouve à environ 140km de Nipigon.

J'ai bien roulé ce matin, mais au bout de 50km, mon genou gauche s'est fait sentir. J'ai donc fait une bonne sieste au soleil, allongé sur une table d'aire de repos sur le bord de la Transcanadienne, et quand je suis reparti, la douleur avait disparu.

Cette partie de l'autoroute est régulièrement ponctuée de panneaux commémoratifs du marathon de l'espoir de Terry Fox, un jeune garçon unijambiste qui tenta de traverser le Canada en courant pour récolter des fonds contre le cancer. Il est décédé à 22 ans, un mois avant son anniversaire, des suites d'un cancer, après avoir parcouru 5373km. J'avais entendu parler de lui, mais j'ignorais son histoire, qui m'a beaucoup ému.

Je suis arrivé à Kakabeka Falls vers 19h30. Après avoir passé 10mn à observer les chutes, j'ai cherché un camping car je voulais vraiment prendre une douche, mais rien d'ouvert à l'horizon.
C'est depuis la chambre d'un motel cheap que j'écris ces lignes. Je me sens un peu bête dans cet endroit... J'aurais juste pu m'arrêter avant et trouver un couchsurfing, rencontrer une nouvelle personne, qui sait, nouer peut-être une nouvelle amitié. Au lieu de ça, je me retrouve seul dans cette chambre impersonnelle qui m'a coûté 60$, j'ai certes pris un bon bain, amélioré mon record de 2km, mais c'est seul que je passe la soirée...

M'enfin, ça me donne l'opportunité de faire sécher ma tente, et de méditer sur la vie de Terry Fox, dont je porterai le souvenir jusqu'au terme de mon voyage.

Une dédicace à tous mes potes oldschool!
@Julien Champetier, Christophe Lemerre, Paul Ritch, Okain, Anthony Calci, Marc-André Combe
Should I take it?

Lundi 23 septembre : Schreiber - Nipigon (101km)

Quelle super journée j'ai passé! Il a fait un temps magnifique, et le vent soufflait fort, mais avec moi cette fois-ci, bien heureusement.

Après avoir dégusté de délicieux pancakes aux bleuets préparés par Chris, mon si généreux hôte, j'ai enfourché mon vélo vers midi. Cette nuit à été une des rares de mon voyage où j'ai dormi d'une traite. J'étais en pleine forme aujourd'hui.

La route était magnifique, avec d'énormes montées, et donc d'énormes descentes. Journée sportive donc. Seul petit hic, j'ai cassé deux rayons sur ma roue arrière. Heureusement que Jean-Daniel m'en avait mis de rechange. Je n'ai eu aucun mal à les réparer, et j'ai eu de la chance, car c'étaient des rayons situés de l'autre côté de la roue libre, que j'aurais dû démonter si ca avait été le contraire, et c'est vraiment dur à desserrer une roue libre...
Au passage, je suis content, car mon calculateur de vitesse remarche!

J'ai eu le droit à un magnifique panorama sur le Lac Supérieur après un côte de 3km. La descente d'après fût un pur régal, j'aurais aimer filmer avec mon appareil photo, mais ca aurait été dangereux car le vent me fait faire de petits écarts parfois, alors à une main...

C'est finalement au terme d'une grosse montée que je suis arrivé à Nipigon. Je me suis installé au Tim Horton du coin pour mon chocolat chaud, et aussi pour me mettre de la glace sur le genou, car il me faisait un peu souffrir en fin de journée. D'ailleurs ce soir, j'ai repris un cachet, histoire de pas prendre de risque.

Je me suis installé dans le camping de la marina de la ville. Me voilà sous ma tente, au bord du lac. Il ne fait pas trop froid, il y a juste quelques voitures qui font le tour du parc et passent à côté de moi, je ne sais pas trop pourquoi... Je regarde la carte du Canada, et je réalise que je suis vraiment en retard sur mon objectif. A partir de demain, je vais essayer de faire de plus longues distances.

lundi 23 septembre 2013

Dimanche 22 septembre : Marathon - Schreiber (104km)

Ce matin vers 8h30, nous avons accompagné Lesley avec Chi-Ting pour nous occuper des animaux du refuge de Marathon. C'était super, les chiens étaient adorables, et la salle des chats fût une expérience intense en câlins.

Ensuite, je les ai quittées vers midi. J'ai pris la route en direction de Terrace Bay. Ce qui est bien, c'est qu'après chaque étape le paysage change. Avant Marathon, c'était vallonné, mais pas autant qu'après. Les collines sont bien plus grosses et hautes, mes mollets l'ont bien senti d'ailleurs, mais je gère bien mon rythme dans les montées. Aussi les couleurs, l'automne est vraiment en train de se mettre en place, car la température baisse de plus en plus, que ce soit la nuit ou la journée. En parlant de température, il faisait froid aujourd'hui. En fait, il y avait du vent, et il était glacial. Par contre, c'était très ensoleillé, donc dès que je gravissais une côte, comme le vent est coupé (car évidemment il était de face), et avec l'effort, j'avais bien chaud, mais dès que j'atteignais le sommet et entamais une descente, j'étais frigorifié.

Enfin, je suis arrivé à Terrace Bay vers 18h, où j'ai pris mon rituel chocolat chaud, accompagné d'un délicieux muffin aux bananes. Je suis ensuite reparti car il me manquait une vingtaine de kilomètres pour atteindre les 100. Je me suis arrêté après Schreiber, derrière un motel dans une sorte de parking où j'ai planté ma tente. La nuit tombait, et je me suis décidé à aller manger un repas chaud au restaurant.

Chris, le patron, et Rob m'ont accueilli très gentiment, alors qu'ils étaient censés fermer. Ils m'ont préparé un bon repas, on a bien discuté. Au bout d'un moment, Chris m'a offert une chambre qui n'était pas faite pour que je dorme au chaud (il allait geler cette nuit). J'ai accepté avec grand plaisir, encore une fois, l'hospitalité canadienne est au rendez-vous, et c'est sous une bonne couette que j'écris ces lignes!

samedi 21 septembre 2013

Samedi 21 septembre : repos à Marathon

Après m'être levé à 9h, je suis allé acheter des bananes au supermarché. Au retour, Lesley et Nicole m'ont proposé d'aller prendre un brunch, dans un petit restaurant à une cinquantaine de kilomètres de là, devant lequel j'étais passé la veille. J'ai accepté, car comme mon linge était à laver, j'avais du temps libre devant moi.

On s'est régalés, elles m'ont proposé de rester une nuit de plus si je voulais me reposer, et aussi d'aller voir le Lac Supérieur. J'ai accepté, une journée de repos ne peut me faire que du bien, surtout après celle de la veille...

Avec Lesley et Ting (leur voisine et très bonne amie), nous sommes allés en vélo sur cette magnifique plage, j'ignorais que le Lac Supérieur était le plus grand au monde! Nous avons marché un bon moment sur ces énormes galets et troncs d'arbres morts. La météo était très changeante : parfois dun soleil, la minute d'après de la plus, et énormément de vent, qui d'ailleurs aurait été contre moi toute la journée, et il était glacial...

Ce soir, je leur ai préparé une bonne sauce de pâtes avec du saumon que Nicole avait pêché, on s'est régalés! Ensuite nous avons fait une partie de Colons de Catane, on a bien rigolé, et passé un super moment tous les quatre.

Chi-Ting, Nicole et Lesley

vendredi 20 septembre 2013

Vendredi 20 septembre : White River - Marathon (100km)

Quelle dure journée! Le vent et la pluie se sont acharnés contre moi, heureusement qu'il ne faisait pas trop froid.

Après avoir mangé, j'ai dit au revoir à Ingrid et Carly qui faisaient du pouce depuis une bonne heure. Le temps n'était pas très motivant, mais j'ai pris mon courage à deux mains, et j'ai bien roulé. Mon calculateur de vitesse bug complètement depuis deux jours, ça me fait bien chier car il m'a couté 30$, et qu'il m'aide beaucoup à savoir où j'en suis.

Comme William (lien), j'ai croisé cette immense partie de forêt ravagée par un incendie il y a environ 8 ans. La nature reprend petit à petit ses droits, mais les séquelles sont toujours là.

Je suis arrivé chez Lesley et Nicole, deux très gentilles filles que j'avais contactées par couchsurfing, après cette gigantesque côte qui m'a littéralement achevé. Par contre, pour rentrer dans Marathon, il faut descendre une route qui offre un magnifique point de vue sur le Lac Supérieur. Demain par contre je vais devoir la remonter, et là, ce sera une autre paire de manche, mais la vue ne valait la peine.

Les filles m'ont accueilli comme un roi, avec un délicieux repas : de l'orignal, chassé par l'oncle de Nicole, accompagné de pommes de terres et d'haricots verts cultivés par un ami à elles. Bref, que des denrées du coin! Délicieux l'orignal au passage. En dessert, de délicieux biscuits au gingembre préparés par Lesley. 

Nous sommes ensuite sortis boire un verre, mais je n'ai pas fait long feu, et les ai abandonnées pour m'écraser dans leur confortable canapé.




Jeudi 19 septembre : Wawa - White River (98km)

Il a fait très très humide aujourd'hui, comme vous pouvez le constater sur la photo du Lac Wawa prise ce matin. Il y avait cette brume qui donnait un côté totalement onirique à la forêt et aux étendues d'eau. On pouvait presque sentir le souffle du Dragon de Merlin, toujours dans Excalibur de John Boorman. Il ne manquait que la musique du film pour être complètement immergé.

Après avoir mangé légèrement, j'ai quitté Peter, qui se rendait à Marathon récupérer sa nouvelle voiture, en le remerciant encore pour son hospitalité. Peut-être que j'allais le croiser lors de son retour. C'est drôle, en voiture, il met deux heures pour s'y rendre. En vélo ca m'en prends huit, en plus ça monte, mais pour l'instant je trouve que c'est pas si pire, je crois que ca va devenir plus difficile pour moi les prochains jours.

Je me suis arrêté au fastfood où j'ai pris mon temps pour boire un chocolat chaud et manger un muffin, c'est une combinaison qui me plait bien en ce moment. Le ventre bien rempli, j'ai pris la route vers 11h, car je savais que m'arrêterai 98km plus loin, à White River, et que donc je pouvais y aller tranquille.

Il faisait tellement humide, comme dans un nuage, avec ce crachin constant, mais bonne nouvelle, il ne faisait pas froid, donc je suis resté en t-shirt tout le temps. Ce qui est génial, c'est quand il n'y a aucune voiture, ni aucun camion de près ou de loin, quand il n'y a pas de bruit, si ce n'est la brise dans les arbres, le chant d'un oiseau, ou le cri d'un corbeau. Tous les deux ou trois kilomètre, je croise un lac qui se dévoile petit à petit à travers la brume, la magie de Merlin n'est pas loin! Ils ont tous des noms incroyables ces lacs : Fungus lake, Dominion lake (!!!), Desolation lake...

C'est dans un de ces moments que j'ai vu émerger Bert, un jeune hollandais de vingt ans qui, comme Nathalie, parcours le Canada d'ouest en est en vélo, et affiche plus de 5000km à son compteur (Bert-bos.webnode.nl).
On a bien discuté, lui aussi a vu des grizzlys et des loups, même des ours noirs! Je deviens de plus en plus impatient d'en voir à mon tour, car à ce jour, seuls les aigles et les pauvres petits ratons-laveurs et autres renards morts sur l'asphalte comptent parmi les animaux exotiques que j'ai eu la chance d'apercevoir.

Après avoir bien discuté et rigolé au bord de la route, nous nous sommes quittés. J'ai été pris d'une bonne fringale, 10km plus loin. J'ai vu le moment où mes muscles allaient perdre toute leur énergie, alors sans plus attendre, je me suis arrêté sur le bas-côté, et j'ai dévoré la moitié de mon sac de dattes, ce qui m'a reboosté au max!

Je suis tranquillement arrivé à White River, le berceau de Winnie l'ourson. J'ignorais que l'histoire de ce sympathique amateur de miel était tirée d'une histoire vraie : un ranger qui recueilli un ourson perdu sur le bord de la route, et apprivoisé en le baptisant Winnie.
J'ai bien mangé ce soir : un bon burger, histoire de rassurer ma Maman, et mon estomac!

En plantant ma tente, deux auto-stopeuses m'ont rejoint, Carly et Ingrid (whynotadventureblog.wordpress.com). Elles se sont installées à côté. On a passé le début de soirée ensemble, mais on s'est vite couchés à cause de la pluie et de la fatigue.

Demain, c'est encore sous la pluie et dans la brume que je chevaucherai mon Cavalier10 à travers le Souffle du Dragon.


mercredi 18 septembre 2013

Mercredi 18 septembre : Montreal River - Wawa (108km)

Contrairement à hier, aujourd'hui a été une journée difficile. Il a plu toute la sainte journée, du petit crachin à la grosse pluie bien dense.
Pourtant rien ne laissait envisager ce temps ce matin, un peu nuageux avec quelques éclaircies même, mais dès que j'ai enfourché mon vélo, une immense côte m'attendait, et la pluie s'est mise à tomber rapidement, et à grosses gouttes. Heureusement que le vent était avec moi aujourd'hui!

Après 40km, j'ai croisé Nathalie, une gentille québécoise qui elle aussi traversait seule le Canada à vélo! La pauvre, elle avait le vent de face plus la pluie... On a bien discuté sur le bord de la route, arrosés par chaque camion qui passait. Elle voyage depuis 3 mois, il y a plus de 5000km à son compteur!! Elle est partie de Vancouver, mais elle s'est beaucoup baladée dans les Rocheuses, où, au passage, elle a croisé pas mal de grizzlis sur le bord de la route! Elle prenait bien le temps de visiter les musées etc... D'ailleurs, si tu lis ce post Nathalie, voici mon adresse mail : alexis.courtois@gmail.com, en fait, c'est une photo de toi que je veux, pas celle que tu as prise de moi.
On s'est quittés au bout d'une bonne demi-heure, frigorifiés!

Le truc, c'est qu'au milieu du Parc Provincial du Lac Supérieur, il n'y a pas grand chose, et les aires de pique-nique sont très éloignées les unes des autres. Je n'ai donc pas trop pu m'arrêter pour manger, surtout qu'il pleuvait bien, donc pas très motivant de se faire chauffer des pâtes sous la pluie alors qu'on a froid et qu'on est trempé.

Finalement, vers 16h30, je me suis quand même décidé à m'arrêter manger, à Old Woman's Bay, une plage magnifique entre deux grosses falaises. J'ai trop galéré à allumer mon réchaud avec ces soi-disant allumettes water-proof! Water-proof mes fesses oui! C'est décidé, j'achète un briquet dès que possible.

Je suis arrivé à Wawa vers 19h, j'ai bien pris mon temps les 20 derniers kilomètres. Je me suis arrêté au Tim Hortons prendre un thé et chercher d'éventuels couchsurfeurs, mais un bon monsieur, Peter, m'a offert de m'héberger, j'ai tout de suite accepté, et me voilà dans un lit bien chaud, après une bonne douche et une bonne pizza, merci Peter!

La vraie Canada Goose!

Peter

Lac Wawa

Mardi 17 septembre : Sault Ste. Marie - Montreal River (120km)

Quelle belle journée j'ai passé!

Je suis parti tard, j'ai vraiment commencé à rouler vers 14h. Le matin, j'ai dit au revoir à Mike qui m'a conseillé une route sympa à Thunder Bay, en échange, je lui ai dit de s'arrêter au Moon Café à Mattawa.
Ensuite j'ai passé un peu de temps au magasin de vélo, car je n'en croiserai pas avant un bon moment désormais. Je suis allé faire mon épicerie au Walmart, une énorme grande surface, tellement grande que je me suis perdu dedans... J'ai fais le plein de provisions car il n'y a pas grand chose avant la prochaine ville : Marathon, qui est à environ 600km.

La route était super, le vent faible et le plus souvent avec moi. J'ai eu de magnifiques descentes, j'ai fait une pointe à 69km/h! Il faisait vraiment beau, maintenant, j'aperçois souvent des aigles ou éperviers, je sais pas trop les différencier. J'ai aussi vu un porc-épic, mais il était mort sur le bord de la route le pauvre petit :-(

Mais le plus important, c'est évidemment le Lac Supérieur, qui m'est apparu en haut d'un belle côte. Quelle merveille! On dirait une mer, entourée de forêt, avec de petites îles par-ci par-là, l'odeur d'iode en moins. Il est majestueux. J'ai une pensée pour vous tous, famille et amis. Pour ma grand-mère qui à 87 ans aujourd'hui, pour ma maman, mon papa, mon Païcha, mon Grand-Papa et ma Grand-maman, pour mon amoureuse Annabelle, mes frères et soeurs qui m'envoient de gentils mails, pour Romain, Audray, Matgé, Nicolas, Macha, Victor aussi, ma gang de Juste Pour Rire, Fernando, Youtou, mes oncles et tantes, et une particulière pour William qui est si gentil avec moi alors qu'on ne s'est jamais rencontrés! Je suis sur tes traces mon ami!

Je me suis arrêté au bout de 60km, vers 17h15, pour faire un pause. C'était dans un camping magnifique, au bord de l'eau. Là j'ai commandé un chocolat chaud, et je n'ai pas résisté à ce muffin qui me faisait de l'œil... Aux bleuets sauvages, t'aurais capoté mon gros Kelfus! Je crois que c'est le meilleur que j'ai mangé depuis que je suis arrivé au Canada, si bon que j'en ai repris un, accompagné d'un autre chocolat chaud, MiaM!

Après cette délicieuse pause, j'ai repris la route, l'idée de m'arrêter dans ce camping était séduisante, mais je voulais rouler au moins 100km. Il fallait que je me dépêche, car il était 18h, et le prochain camping était à 60km de là. J'ai vraiment roulé vite, sur le plat, j'étais à 32km/h de moyenne, 18 dans les montées. Vers 19h15, je ne voyais toujours pas de panneau indiquant mon camping, mais je n'ai pas résisté à l'envie de m'arrêter à ce panorama magnifique où j'ai pris 2 photos, d'ailleurs, je trouve que je n'en prends pas assez. Je n'ai jamais vraiment eu cette habitude. Vers 20h, toujours pas de panneau en vue, le soleil commençait à être vraiment bas, et surtout, cette énorme côte d'au moins 2km devant moi! Je l'ai gravie sans broncher, et en haut enfin, au crépuscule, le panneau tant espéré! Encore 4 petits kilomètres, mais de belle descente.

Je suis arrivé au Twilight Resort à la nuit tombante, fier de mes 60km en deux heures! J'ai installé ma tente au bord du lac, pris une douche, mangé des pâtes au presto rosso sous la pleine lune, et me voilà sous ma tente, bercé par le son des vagues du Lac Supérieur du Canada!

mardi 17 septembre 2013

Lundi 16 septembre : Bruce Mines - Sault Ste. Marie (88km)

Aujourd'hui j'ai peu roulé. Le temps était pourtant beau, et il faisait frais, mais je suis parti tard de Bruce Mines, et je n'ai pas vraiment pris le temps de prendre mon lunch. Je voulais arriver à Sault au plus vite pour faire une machine ainsi que mon épicerie rapidement, et continuer ma route, mais j'ai trainé au Tim Horton, car un peu préoccupé par certaines choses.

Finalement, je me suis décidé à y passer la nuit. J'ai un peu galéré à trouver une laverie, et je n'avais pas assez de pièces pour faire sécher mes affaires. En plus, il fallait que je retourne au Tim Horton pour avoir internet et vérifier si j'avais eu des réponses à mes requêtes de couchsurfing. J'y ai encore passé du temps à contacter d'éventuels hôtes, mais comme la nuit tombait, je me suis décidé à trouver un endroit où planter ma tente.

Une des personnes que j'avais contactée m'a conseillé un magasin de vélo qui possède un terrain de camping spécial pour les cyclotouristes, j'ai donc laissé de côté mon linge à sécher, et me suis rendu à l'endroit en question. Il y avait un autre garçon avec un vélo rempli de sacs comme le mien qui avait installé son campement. Il était au téléphone, et comme je devais retourner faire sécher mon linge, j'ai monté ma tente en vitesse et j'ai filé au lavomatic. J'avais vraiment froid, surtout parce que j'avais faim.

Après avoir fini ma machine, je me suis offert une pizza, et je suis retourné au campement où j'ai fait la connaissance de Mike près du feu, un gars de Toronto qui faisait la grande traversée, du Pacifique à l'Atlantique. On a un peu discuté. Sa plus grande distance en une journée c'est 225km!!! Il m'a dit que c'était vraiment exceptionnel, les conditions étaient excellentes : gros vent dans le dos, que du plat et de belles descentes, mais quand même! Sinon sa moyenne journalière est de 120km par jour, mais il fait de bonnes pauses de plusieurs jours parfois.

Je suis maintenant sous ma tente, il fait 3°C dehors, mais je suis au chaud dans mon duvet! Je suis très excité, car demain et toute la semaine qui arrive, je vais rouler près des grands lacs! Il parait que c'est magnifique...

Bonne nuit!

lundi 16 septembre 2013

Dimanche 15 septembre : Spanish - Bruce Mines (124km)

Aujourd'hui a été un jour bien particulier, et ce pour plusieurs raisons.
 
D'abord, ça a été ma première journée de pluie intensive. J'ai littéralement mangé de la pluie! Ca allait du fin petit crachin à la grosse douche bien intense, le tout arrosé d'un léger vent de face. J'ai d'ailleurs fait l'erreur de ne mettre qu'un t-shirt technique en dessous de ma veste imperméable, résultat : après 20mn de route, le truc est trempé de transpiration, et devient vite très froid. Au début je pensais que c'était à cause de mes aérations ouvertes sous les manches de ma veste. J'ai profité d'une pause dans un Tim Horton pour me changer, et appeler mon Annabelle. Après lui avoir dit au revoir, je suis reparti le moral gonflé à bloc, et le cœur léger, mais surtout mon nouveau t-shirt trempé après 10mn de route.

La seconde, c'est le fait que cette étape soit la première que je fais sur les traces de William : http://willybike.blogspot.ca/2009/05/le-11-mai-spanish-bruces-mines-145km.html
C'était mon objectif de la journée, j'ai même dit non à un monsieur qui a pris pitié de moi sous cette pluie battante, et m'a proposé de me déposer 80km plus loin en me dépassant!
J'ai failli craquer et m'arrêter à Thessalon, un bled situé 20km avant, car je commençais à être frigorifié, mais je n'avais pas refusé ce lift pour rien, il me fallait atteindre Bruce Mines.

La troisième, c'est que j'ai passé le cap des 1000 kilomètres. A compter d'aujourd'hui, j'ai roulé très exactement 1128km. En fait, je les ai atteints en arrivant à Spanish, mais j'étais fatigué, et ma capacité à faire du calcul mental n'était pas de la plus grande efficacité.

Finalement je suis arrivé à Bruce Mines, l'endroit est joli, mais je n'avait qu'une envie : me réchauffer. Je me suis arrêté dans ce petit restaurant pour me changer et boire un bon chocolat chaud, et quand j'ai vu que l'orage redoublait d'intensité, et que la nuit tombait, j'ai été faible, et me suis pris une chambre au motel du coin, qui soit dit en passant, coûte le même prix que la place de camping à Thessalon. Je suis un peu en train d'exploser mon budget, mais j'aurais toutes les prairies pour regretter tout ça :D Pas de train pour moi finalement!

Je me couche après un bon bain chaud, d'ailleurs, j'en ai profité pour enlever mes points de suture. Tout s'est bien passé, ça a l'air bien cicatrisé!

samedi 14 septembre 2013

Samedi 14 septembre : Massey - Spanish (26km)

Et non, 26km ce n'est pas une blague.

J'ai passé la pire nuit depuis mon départ. Lors de mon repas de la veille, mon ami Charlie Smith m'avait raconté quelques histoires d'ours. Ce qui mine de rien avait installé en moi un léger stress. Je lui ai posé quelques questions à ce sujet, notamment la première : "what should I do if a bear comes to visit my camp?" "Fight him!" fût sa réponse :O "Always sleep with your knife close to you." Je lui ai expliqué que la seule chose que j'avais réussi à faire avec mon couteau était de me poignarder le pouce, et de planter mes piquets de tente. "If a bear attacks you, stab him on the side!" me dit-il en mimant le geste avec son couteau qu'il porte toujours sur lui, "au cas où"...

Au bout d'un moment, ce bon monsieur a vu qu'il ne me rendait pas vraiment service, et m'a dit de ne pas m'inquiéter, que personne n'avait jamais été mangé par un ours à Massey, et qu'il ne m'arriverait rien. C'est donc rassuré que je me suis dirigé vers ma tente, plantée tout au fond de ce terrain de parking, juste à côté de cette dense et noire forêt.
Pour être honnête, je sais bien que ces histoires d'ours se passent surtout dans des coins bien plus éloignés des villes ou villages, et qu'à cette période où le froid commence à être intense la nuit, ils sortent moins de leurs tanières, qui se trouvent bien loin dans les forêts, mais tout ça m'a quand même bien stressé.

Comme chaque soir, j'ai écrit mon article du jour, puis j'ai lu mon livre sur les abeilles, et me suis vite endormi, pour me réveiller environ 1h30 après, vers 23h30. A partir de ce moment-là, impossible de retrouver le sommeil. La nuit était pourtant calme, la demi-lune éclairait fortement un ciel sans nuage qui laissait superbement paraitre les constellations (je le sais, je suis sorti faire pipi).

La température à chuté en dessous de zéro cette nuit, mais mon sac de couchage m'a tenu bien au chaud, c'est juste moi qui n'ait pas réussi à me rendormir vraiment, tout au plus quelques brèves intrusions dans le monde des rêves, duquel je m'arrachais très vite.

Finalement, vers 7h du matin, après un sommeil d'une petite demi-heure, j'ai décidé de lever le camp. L'extérieur de ma tente était recouvert de gel, et des gouttes perlaient à l'intérieur. Mon vélo aussi était gelé. J'ai donc tout emballé et laissé ma tente sécher au soleil pendant que j'allais prendre mon petit déjeuner dans la boulangerie du coin.

Je suis parti vers 10h30. Le vent soufflait super fort aujourd'hui, évidemment contre moi. J'ai roulé une bonne heure jusqu'à la ville d'après : Spanish. Je voulais m'y arrêter car j'avais un rendez-vous sur skype avec ma famille pour l'anniversaire de ma grand-mère, 87ans, bon anniversaire ma chère Bonne-Maman!

Après un bon repas, la fatigue m'est tombée dessus. J'ai tenté de faire une sieste au soleil comme la veille, mais le soleil tapait trop fort, et à l'ombre le vent était trop froid, toujours incapable de dormir donc.
Je me suis finalement résigné à prendre une chambre au motel du coin histoire de rattraper mon précieux sommeil.

Je me suis un peu baladé après un bon bain brûlant, et me voilà à présent dans un bon lit douillet. Pour me motiver, je vais relire le blog de William avant dormir, il a sur mon moral le même effet que les dattes et les figues sèches sur mon physique.

Pour finir, j'ai échangé quelques mails avec ce bon Charlie Smith qui était désolé d'apprendre ma mauvaise nuit. Voici le mail qu'il m'a envoyé :

<<I am sorry you couldn't sleep, we shouldn't have told you all those bear stories.
Anyone who tells you he was ate by a bear, is a damn liar :-)
I was born in Spanish, that graveyard you biked past in Wallford, is full of my people, I have plot there;
 
Great Grandpa
 
John Coghil* Budge, from your grave on the hill   * (pronounced "Co heal")
Can you see all your shoots on the land
Oh, how your roots spread when you transplanted here
What more could be said for a man?
 
John Coghil Budge, do you rest warm and soft,
Surrounded by living and dead?
All of your offspring, a multitude sure,
And a good granite stone for your head.
 
Ah, John Coghil Budge, there's not one that's alive
To remember your name or your face,
But your blood is still strong, and it's beating around,
And it's living all over the place.
 
And your name, John Budge, it is carried on too,
From the Orkneys, the Island, to here,
You will not be alone, not in heaven or earth -
John Coghil Budge, we are near.
 
I can feel you on mornings, with the fog and the mist,
And at noon with the gulls in the air,
And out on the water, my fisherman friend
John Coghil Budge is right there.
 
When I'm working the land, or singing a song
About the dark island and home,
I can feel you inside, in the surge of the blood -
I have John Coghil Budge to the bone.
 
Charlie Smith (from my book Through Three Long Miles of Night)>>

Sacré personnage ce Charlie, je comprends maintenant pourquoi on l'appelle : "The Bard of the Northern Shore"!

Après une nuit difficile

Ma roue gelée

Couleurs des arbres

Un lac du Canada

Des toutous juste devant ma chambre

Vendredi 13 septembre : Sudbury - Massey (100km)

Après un bon petit déjeuner préparé par Jenna, je lui ai fait mes adieux en la remerciant mille fois. Il faisait un froid de canard ce matin : 0°C ressenti, autant vous dire que j'étais bien couvert. Je suis allé m'acheter des figues séchées ainsi que des dattes, car c'est incroyable l'énergie que ça me procure quand j'ai un coup de fatigue après avoir roulé longtemps.

Je me suis ensuite dirigé vers la transcanadienne, et à l'embranchement, alors que je voulais m'arrêter pour enlever ma veste car j'avais trop chaud, je me suis cassé la figure à cause de ma pédale à clip (deuxième fois que ça m'arrive). J'enlève toujours la droite, mais mon poids à basculé à gauche... C'est assez fou la sensation d'impuissance qu'on a quand ça arrive. Résultat, un joli bleu sur la hanche.

Remis de mes émotions, j'ai commencé à rouler. Il y avait moins de vent aujourd'hui, il m'a même poussé à certains moments. J'ai bien aimé cette route : les arbres commencent à vêtir leur robe d'automne, certains sont déjà tout rouges. Et puis il y a cette odeur de pin le long de la route, c'est très agréable.

J'ai fait une pause vers 14h30, car j'ai croisé une jolie aire de repos. J'ai roulé jusqu'à une table au milieu d'un beau gazon, et là, rebelote, je déclip à droite, et je pars à gauche, troisième fois donc, heureusement que c'était dans l'herbe. D'ailleurs après ma chute, je suis resté allongé, et me suis endormi sous un beau soleil, avec ce vent frais qui me caressait le visage. J'ai dormi au moins 30mn, ça m'a fait du bien. Je me suis fait une bonne plâtrée de pâtes à mon réveil, puis je suis reparti vers 16h.

Je suis arrivé à Massey vers 19h15. Il manquait un kilomètre à mon compteur pour atteindre les 100, et j'y suis arrivé en cherchant une place où planter ma tente. Au passage, j'ai demandé à des gens qui étaient réunis pour un événement fish'n chips un endroit où je pouvais m'installer. Ils m'ont proposé de rester manger après m'avoir indiqué, mais je voulais préparer mon campement avant la nuit. Je les ai ensuite rejoints, et ils m'ont offert les restes car leur soirée se terminait. Ils ont été super sympas avec moi, ils m'ont même donné du gâteau aux aubergines, et de la tarte aux cerises. J'ai rencontré Charlie Smith, the Bard of the Northern Shore, un monsieur de 65ans avec une barbe magnifique, tout le temps en train de sourire. J'ai bien discuté avec tout le monde, et pour les remercier, je les ai aidé à ranger. Décidément, ces canadiens sont vraiment généreux!

Je suis dans ma tente à présent. Je pense qu'il fait 0°C dehors, mais j'ai bien chaud dans mon sleeping bag. J'espère juste ne pas rencontrer un ours, il parait qu'il y en a pas mal dans le coin...

vendredi 13 septembre 2013

Jeudi 12 septembre : North Bay - Sudbury (148km)

Après avoir quitté Trevor sous une bonne pluie, j'ai roulé jusqu'à un petit resto où j'ai pris un bon petit déjeuner canadien : 3 oeufs, 2 grosses tranches de bacon, des pommes de terre, des beans et du pain brun. De quoi charger un sportif de proteines pour la matinée.

Aujourd'hui j'ai roulé ma plus longue distance jusqu'à présent (yyyeeeeeeeaaayy). Je suis assez fier de ma journée. Le temps était vraiment changeant, pluvieux, ensoleillé, nuageux... La seule chose qui n'a pas bougé c'est le vent, toujours contre moi, crisse!

Mon genou m'a un peu fait souffrir au début. J'avais même un peu peur que ça n'empire, mais au bout d'un moment, la douleur à complètement disparu, difficile à croire. J'ai donc pu rouler contre le vent toute la sainte journée, avec une bonne pause pâtes vers 15h30. Faut dire que la route est beaucoup moins vallonnée que ces trois derniers jours. Ce qui est cool, c'est que quand je ne sens pas ma tendinite, j'ai une vitesse moyenne de 25km/h, en gros, je peux utiliser un pignon dont je ne me servais pas avant, bonheur. Bon je ne dois pas crier victoire trop vite, on verra bien comment ça se passera demain.

Je suis arrivé vers 19h à Sudbury. Je me suis précipité dans un Tim Horton pour essayer de trouver un couchsurfer qui serait d'accord de m'héberger cette nuit! Et j'ai trouvé! C'est Jenna qui m'a très vite et très gentiment répondu!
Elle était sortie diner avec des amis, et m'a donné rendez-vous chez elle à 22h. Ça m'a laissé le temps d'aller manger un morceau. Le temps était glacial, je me suis donc jeté dans le premier resto sur ma route. Après une bonne assiette de pâtes, j'ai troqué mon casque contre mon bonnet, et me suis rendu chez ma bienfaitrice, qui m'a super bien accueilli! Au passage, je m'estime bien chanceux, car mes deux expériences de couchsurfer ont été deux filles très gentilles, et très jolies à chaque fois :D

jeudi 12 septembre 2013

Mercredi 11 septembre : Mattawa - North Bay (88km)

Ce matin je me suis réveillé à 9h30 avec une sacrée gueule de bois. J'ai pris ma douche, rangé ma tente et mes affaires pendant que les autres dormaient. Nous nous sommes ensuite rendus au Moon vers 11h30, où j'ai pris un bon gros brunch.

C'est vers 13h que j'ai fait mes adieux à tous mes nouveaux amis. Quel beau souvenir je garderai de Mattawa, et de ses habitants si accueillants.
J'ai roulé une bonne heure avant de crever, mais cette fois-ci, pas de chambre à air passoire, tout s'est bien passé, j'en ai aussi profité pour régler mes rayons, et suis reparti. Loin genou à très bien été, ce jour de repos m'a fait le plus grand bien, mais je reste prudent et ne force pas trop.

Je suis arrivé à North Bay vers 18h. Je suis allé au Future Shop pour voir si je pouvais remplacer ma tablette, mais pas possible, du coup j'en ai acheté une autre en rabais, et j'enverrai la cassée chez le fabricant, car j'ai une garantie d'un an. Ça fait chier, mais c'est comme ça. Par contre, en demandant à un vendeur où je pouvais planter ma tente, il m'a spontanément proposer de venir dormir chez lui! Il a passé 8 mois en Australie à bourlinguer, et à vécu pas mal de situations comme les miennes. J'ai donc accepté son hospitalité avec plaisir, et on a passé une cool soirée en compagnie de Trevor et son coloc'. Un grand merci à toi mon ami, j'espère pouvoir te rendre la pareille un jour.

Comme m'a dit ma petite soeur Clara, on ne voyage jamais seul!


Alex, Lauren et Tanner

Trevor!

mercredi 11 septembre 2013

Mardi 10 septembre : repos à Mattawa (suite)

Après avoir posté mon article précédent, j'ai quitté la bibliothèque pour aller récupérer mon linge et planter ma tente chez Tanner et Lauren. Leur maison est magnifique, avec d'énormes tournesols devant l'entrée, et un jardin derrière avec un potager!

Après avoir installé ma tente, je suis allé me promener. On m'avait indiqué une petite randonnée qui menait tout en haut de la colline surplombant Mattawa, avec un panorama magnifique. Il fallait marcher sur la voie ferrée, et traverser un pont, sans se faire écraser par un train évidemment, m'enfin, certains d'entre vous savent que marcher le long des rails, ça me connait. Arrivé devant le chemin de rando, je me suis enfoncé dans la forêt, mais là, ça s'est avéré bien plus technique que je ne l'aurais cru. En effet, la première difficulté fut cet énorme rocher à gravir. Avec les chaussures adéquates ça aurait été facile, mais avec mes chaussures à clip, impossible de ne pas glisser, surtout qu'il avait plût peu de temps avant. Déterminé à monter, je me suis mis pieds nus pour franchir l'obstacle.
J'ai continué un peu, mais le chemin était vraiment difficile, et la nuit n'allait pas tarder à tomber. J'ai finalement fait demi-tour, enlevé à nouveau mes chaussures pour descendre le caillou, et me suis posé plus bas pour admirer le coucher de soleil.

Après une bonne assiette de pâtes au Moon Café, nous sommes rentrés chez Tanner et Lauren (loved your smooth way to say "absolutely") où nous avons passé une super soirée bieeeeen arrosée de gin avec Alexander, un ami à eux. Au final, j'ai dormi dans un bon lit bien douillet.

mardi 10 septembre 2013

Mardi 10 septembre : repos à Mattawa, bris de ma tablette (0km)

Aujourd'hui j'écris plus tôt, car j'ai malencontreusement brisé ma tablette. Quand je ne suis pas sur mon vélo, je prends mes affaires précieuses avec moi, et comme je n'ai pas de sac à dos, tout va dans mes poches qui ne sont pas très grandes. C'est bien dommage, car je vais avoir plus de mal à mettre mon blog à jour. J'essaierai de trouver un moyen de la réparer à North Bay, ou à Sudbury! Je le prends avec philosophie, ce n'est pas si grave et ce n'est que matériel.

Aujourd'hui j'ai quitté ma chambre d'hôtel à 11h pile, je suis allé prendre un petit déjeuner dans une petite boulangerie où j'ai savouré de délicieux toasts avec un bon thé. Je me suis ensuite balladé, et après avoir mis mon linge à laver, je me suis posé au Moon Pub. Les gens de ce bar sont vraiment gentils, j'ai bien discuté avec le serveur : Tanner, il m'a préparé un bon sandwich au saumon, accompagné d'un Yogi Tea délicieux. J'ai bien pris mon temps, écrit un bon paquet de cartes postales. Il ne fait pas très beau aujourd'hui, mais je compte tout de même aller me promener dans les bois.

Tanner et son ami Lauren, le fils des patrons du Moon, m'ont très gentiment proposé de planter ma tente dans leur cour arrière, j'ai donc accepté, un peu de compagnie ce soir me fera le plus grand bien.

Mattawa est une petite ville ontarienne qui me semble bien typique. Il y a 3000 habitants. Elle est entourée de collines très boisées et de l'Ottawa River ainsi que la Mattawa River. Aujourd'hui, le temps est brumeux et très humide, ça donne un côté enchanteur à l'endroit qui me fait penser au film Excalibur de John Boorman, dans lequel au passage, il y a une scène en armure mythique (@Guilhem).

Je vais récupérer mon linge et installer ma tente dans le jardin de mes nouveaux amis!

Lundi 9 septembre : Lacroix Park - Mattawa (33km)

Ce matin je m'en suis levé tôt, une première car les jours précédents, j'étirais mon sommeil le matin pour combler mes réveils nocturnes. Il a fait froid cette nuit, et très humide surtout, l'extérieur de ma tente était trempé!
La brume du matin a fait place au soleil, et j'ai pu faire la faire sécher pendant que je me préparais un délicieux petit déjeuner : du quinoa, histoire de commencer la journée plein de protéines.

J'ai ensuite fait une révision de mon vélo, car beaucoup de rayons étaient desserrés, ce qui entraine une déformation de la roue, et la fait frotter contre les freins. Après avoir passé un bon moment à les ajuster, j'ai tout mis sur mon vélo, sauf qu'avec tout ce poids, mes rayons se sont mal replacés, et j'ai encore passé une petite heure. Faut dire que je suis novice dans l'art des rayons, mon expérience se limite à un bref cours théorique chez C&L Cycles, je leur ai d'ailleurs écrit un mail pour leur demander conseil. Finalement je suis parti vers 11h, et mine de rien, ces réparations m'ont pris pas mal d'énergie.

De bonnes côtes m'attendaient, ainsi que le vent de face évidemment, et surtout une route de mauvaise qualité, ce qui m'a pas mal stressé. Au bout de 10km, je commençais déjà à sentir mon genou, et 15km plus tard, ça commençait à être vraiment douloureux. Heureusement que Mattawa n'était plus qu'à 8km, mais 8km de montées assez intenses. Surtout la dernière, je m'y suis arrêté deux fois avant d'atteindre le sommet.

Je suis rentré dans le premier restaurant que j'ai croisé. Super sympa, avec une ravissante vue sur la rivière. Enfin un paysage qui me plait vraiment. De belles collines bien boisées surplombant l'Ottawa River. J'ai dévoré ce midi, c'était délicieux et pas cher! J'ai décidé de m'arrêter là pour aujourd'hui, car le docteur Plent a insisté sur le fait de ne pas forcer lorsque ça me fait mal. En plus, il doit y avoir de l'orage ce soir, alors je m'offre une chambre d'hôtel à prix raisonnable, histoire de bien me reposer.

Après un bon bain, j'ai passé l'après-midi allongé sur mon lit, à regarder un film, lire mon livre sur les abeilles, et aussi relire le blog de Will. Dis-donc, je me la coule douce par rapport à lui! Il était quasiment tous les soirs sous sa tente, beaucoup plus coupé du monde que moi avec ma tablette. Ça m'inspire beaucoup de lire ce blog, je suis très admiratif.

Demain, j'ai prévu de rester à Mattawa, histoire de faire un break pour mon genou, et en profiter pour me balader, refaire le plein de provisions, et laver mon linge.

lundi 9 septembre 2013

Dimanche 8 septembre : Deep River - Lacroix Park (77km)

Ce matin je me suis levé à 9h50, ce qui est un peu tard à mon goût, mais je me réveille souvent la nuit, surtout celle-ci, il y a eu beaucoup de vent. Après avoir démonté ma tente et tout rangé sur mon vélo, je suis parti en direction de la bibliothèque municipale pour utiliser internet. Je me suis installé sur une table devant, le vent était vraiment frais. Ensuite, comme il était près de midi et que les barres de céréales n'avaient pas comblé mon appétit, je suis retourné au bar de la veille où j'ai mangé un sandwich aux oeufs avec de délicieuses frites, bien consistant pour une bonne après-midi de vélo.

Il y a 112km entre Deep River et Mattawa, et surtout, c'est très valloné, le docteur Plent m'avait prévenu. Évidement, le vent toujours de face, mais ça allait, il était légèrement ralenti par le relief et les arbres de chaque côté de la route, mais bon, les descentes me paraissaient tout de même être du plat...

J'ai roulé, monté, descendu, monté, monté, descendu un peu, mais surtout monté. Je suis content car je n'ai pas trop senti mon genou aujourd'hui. J'ai fait quelques petites pauses pour le reposer quand il le fallait, et tout a bien été.
Aussi, je gère mieux ma position sur le vélo, selon les conseils de Nicolas Berger (le garçon qui a failli partir avec moi). Par contre, j'ai dû m'arrêter chez Gérald, un monsieur qui habitait au bord de la route, car ma selle continuait de se baisser. Il m'a changé la vis et le boulon, et a bien resserré le tout, ça ne bouge plus à présent.

Petite anecdote, je suis tombé aujourd'hui, rien de méchant, c'est juste que le bord de la route est bien sablonneux, et mes roues sont trop fines pour tenir là-dedans, du coup, avec mes pieds accrochés à mes pédales, la chute était inévitable. Ce qui est cool, c'est que mes sacoches ont bien amorti ma chute, donc zéro bobo!

Finalement, je suis arrivé tout en haut de cette grosse colline, vers 17h30, après 75km de route, une magnifique descente m'y attendait, avec une merveilleuse vue sur la rivière et un pont. Je me suis arrêté en bas pour refaire mes provisions d'eau qui étaient à sec. Là, on m'a indiqué un petit parc appartenant à la province dans lequel je pourrais camper. Le lieu est super joli, avec une petite berge, ainsi qu'une petite table où j'ai pris un bon dîner : boulgour et quinoa, le tout assaisonné d'huile de noix et de sel aux herbes. Je me suis bien étiré, selon les conseils de William, ça m'a fait du bien.
Seul petit hic, il n'est normalement pas autorisé de camper ici, mais je tente ma chance quand même, surtout que c'est l'endroit où l'on m'a conseillé d'aller. C'est aussi une sorte d'aire pour les voitures, m'enfin, je verrai bien. Il y a des habitations juste à côté, je me sens rassuré.