samedi 14 septembre 2013

Samedi 14 septembre : Massey - Spanish (26km)

Et non, 26km ce n'est pas une blague.

J'ai passé la pire nuit depuis mon départ. Lors de mon repas de la veille, mon ami Charlie Smith m'avait raconté quelques histoires d'ours. Ce qui mine de rien avait installé en moi un léger stress. Je lui ai posé quelques questions à ce sujet, notamment la première : "what should I do if a bear comes to visit my camp?" "Fight him!" fût sa réponse :O "Always sleep with your knife close to you." Je lui ai expliqué que la seule chose que j'avais réussi à faire avec mon couteau était de me poignarder le pouce, et de planter mes piquets de tente. "If a bear attacks you, stab him on the side!" me dit-il en mimant le geste avec son couteau qu'il porte toujours sur lui, "au cas où"...

Au bout d'un moment, ce bon monsieur a vu qu'il ne me rendait pas vraiment service, et m'a dit de ne pas m'inquiéter, que personne n'avait jamais été mangé par un ours à Massey, et qu'il ne m'arriverait rien. C'est donc rassuré que je me suis dirigé vers ma tente, plantée tout au fond de ce terrain de parking, juste à côté de cette dense et noire forêt.
Pour être honnête, je sais bien que ces histoires d'ours se passent surtout dans des coins bien plus éloignés des villes ou villages, et qu'à cette période où le froid commence à être intense la nuit, ils sortent moins de leurs tanières, qui se trouvent bien loin dans les forêts, mais tout ça m'a quand même bien stressé.

Comme chaque soir, j'ai écrit mon article du jour, puis j'ai lu mon livre sur les abeilles, et me suis vite endormi, pour me réveiller environ 1h30 après, vers 23h30. A partir de ce moment-là, impossible de retrouver le sommeil. La nuit était pourtant calme, la demi-lune éclairait fortement un ciel sans nuage qui laissait superbement paraitre les constellations (je le sais, je suis sorti faire pipi).

La température à chuté en dessous de zéro cette nuit, mais mon sac de couchage m'a tenu bien au chaud, c'est juste moi qui n'ait pas réussi à me rendormir vraiment, tout au plus quelques brèves intrusions dans le monde des rêves, duquel je m'arrachais très vite.

Finalement, vers 7h du matin, après un sommeil d'une petite demi-heure, j'ai décidé de lever le camp. L'extérieur de ma tente était recouvert de gel, et des gouttes perlaient à l'intérieur. Mon vélo aussi était gelé. J'ai donc tout emballé et laissé ma tente sécher au soleil pendant que j'allais prendre mon petit déjeuner dans la boulangerie du coin.

Je suis parti vers 10h30. Le vent soufflait super fort aujourd'hui, évidemment contre moi. J'ai roulé une bonne heure jusqu'à la ville d'après : Spanish. Je voulais m'y arrêter car j'avais un rendez-vous sur skype avec ma famille pour l'anniversaire de ma grand-mère, 87ans, bon anniversaire ma chère Bonne-Maman!

Après un bon repas, la fatigue m'est tombée dessus. J'ai tenté de faire une sieste au soleil comme la veille, mais le soleil tapait trop fort, et à l'ombre le vent était trop froid, toujours incapable de dormir donc.
Je me suis finalement résigné à prendre une chambre au motel du coin histoire de rattraper mon précieux sommeil.

Je me suis un peu baladé après un bon bain brûlant, et me voilà à présent dans un bon lit douillet. Pour me motiver, je vais relire le blog de William avant dormir, il a sur mon moral le même effet que les dattes et les figues sèches sur mon physique.

Pour finir, j'ai échangé quelques mails avec ce bon Charlie Smith qui était désolé d'apprendre ma mauvaise nuit. Voici le mail qu'il m'a envoyé :

<<I am sorry you couldn't sleep, we shouldn't have told you all those bear stories.
Anyone who tells you he was ate by a bear, is a damn liar :-)
I was born in Spanish, that graveyard you biked past in Wallford, is full of my people, I have plot there;
 
Great Grandpa
 
John Coghil* Budge, from your grave on the hill   * (pronounced "Co heal")
Can you see all your shoots on the land
Oh, how your roots spread when you transplanted here
What more could be said for a man?
 
John Coghil Budge, do you rest warm and soft,
Surrounded by living and dead?
All of your offspring, a multitude sure,
And a good granite stone for your head.
 
Ah, John Coghil Budge, there's not one that's alive
To remember your name or your face,
But your blood is still strong, and it's beating around,
And it's living all over the place.
 
And your name, John Budge, it is carried on too,
From the Orkneys, the Island, to here,
You will not be alone, not in heaven or earth -
John Coghil Budge, we are near.
 
I can feel you on mornings, with the fog and the mist,
And at noon with the gulls in the air,
And out on the water, my fisherman friend
John Coghil Budge is right there.
 
When I'm working the land, or singing a song
About the dark island and home,
I can feel you inside, in the surge of the blood -
I have John Coghil Budge to the bone.
 
Charlie Smith (from my book Through Three Long Miles of Night)>>

Sacré personnage ce Charlie, je comprends maintenant pourquoi on l'appelle : "The Bard of the Northern Shore"!

Après une nuit difficile

Ma roue gelée

Couleurs des arbres

Un lac du Canada

Des toutous juste devant ma chambre

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