mardi 8 octobre 2013

Mardi 8 octobre : Broadview - Wolseley (64km)

Une petite distance aujourd'hui, le coeur n'y était pas...
Je me suis réveillé tard ce matin, j'ai mal dormi cette nuit. Je me suis rapidement endormi après quelques hurlements de loups, et je me suis fait réveiller par des trains vers 1h30 du matin. Ils ont fait des manœuvres pendant plus de deux heures, j'entendais les locomotives relâcher la pression toutes les 10 secondes. Quand ils sont partis, ils ont hurlé à leur tour, plusieurs fois, pendant un long moment.
Le vent soufflait déjà bien lorsque j'ai pris mon petit déjeuner, mais je n'ai réalisé sa force que lorsque j'ai pris la route. En plus, le bruit qu'il génère au niveau de mes oreilles est vraiment violent, pas très motivant de rouler dans ces conditions, mais bon, on m'avait prévenu que les vents dominants soufflaient vers l'est. J'avance donc très doucement, j'ai réussi à trouver mon rythme, mais je me suis arrêté peu après pour faire mon épicerie, et faire une pause thé. Il est déjà tard, bientôt 16h, je décide donc de m'arrêter au bled d'après. Regina n'est qu'à une centaine de kilomètres, et le vent risque d'être aussi intense, sinon plus demain, autant être en forme. 
Beaucoup de québécois m'ont dit que c'était chiant de traverser les prairies, c'est sûrement le cas en voiture, car ça va vite, alors on n'a pas le temps d'apprécier le paysage. Et bien moi j'ai pris mon temps.
La route montait légèrement depuis un bon moment. Je pouvais voir au loin le haut de cette côte. Je prenais mon temps, je m'arrêtais pour prendre des photos de la route, mais ma tablette a du mal quand la lumière devient moins intense. Lorsque j'ai enfin atteint le sommet, j'ai été émerveillé par le panorama qui s'offrait à moi. Des champs à perte de vue, peuplés de bottes de foin harmonieusement placées. Quelques talus, des arbres par-ci par-là, derrière lesquels émergent parfois d'énormes silos, dont l'architecture évoque en moi les vaisseaux spatiaux des bandes dessinées que je lisais jadis. Au loin, un voiture roule sur un chemin de terre, soulevant derrière elle un nuage de poussière. Et cette légère brume qui enveloppe ce paysage, sur laquelle se reflète le soleil doré de l'automne, donne la touche finale à cet onirique spectacle.
C'est dans les nuages que je suis arrivé dans le petit Sleepy Hollow Campground. Il est tout aussi féerique que le décor précédent. Il y a un mot sur la porte de l'accueil, les propriétaires seront de retour dans la soirée. Il me faut trouver un endroit avec internet pour envoyer des requêtes de couchsurfing pour Regina, la destination de demain. Je suis donc allé au restaurant de l'hôtel où j'ai bu un thé, et mangé une pizza. J'ai discuté avec Patrick, la cinquantaine, d'origine suisse. Il était content de pratiquer son français.
Je suis ensuite retourné au camping, un peu inquiet car ma roue libre semblait être en mauvais état. J'y ai rencontré Randy, le propriétaire, il m'a prêté plein d'outils pour tenter de trouver le problème de ma roue, mais après une bonne heure de tentatives, j'ai baissé les bras, j'étais fatigué, et il faisait vraiment froid. Malheureusement, la douche était hors service, car il avait gelé quelques jours auparavant. Tant pis, je me coucher à présent, mon nouveau matelas ne se dégonfle pas, je suis confortablement installé.

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