Encore 100km difficiles, mais je tiens bon.
Je me suis réveillé vers 8h ce matin, je voulais partir tôt, mais il fallait que je m'occupe de cette roue libre. J'ai passé deux bonnes heures à tout démonter, vérifier, essayer de comprendre, il faisait vraiment froid, et mes doigts en souffraient. Au bout d'une heure, Randy est venu m'aider. Le vélo n'est pas son domaine, mais lintéressant oui. Heureusement qu'il était là, il m'a prêté bon nombre d'outils, et m'a donné de précieux conseils. J'ai beaucoup appris, mais la chose la plus importante que j'ai retenue, c'est que ma roue libre était morte. Pour faire simple, elle ne tournait plus dans le vide, donc quand la roue tourne, les pédales tournent aussi, pas moyen de se détendre les jambes. Évidemment, ce n'était pas à Wolseley que j'allais trouver de quoi remplacer tout ça, j'ai donc pris la route malgré tout.
Le vent soufflait toujours aussi fort, toujours contre moi. J'ai donc avancé très doucement, 16km/h de moyenne, c'est physique de maintenir cette allure, pourtant la difficulté n'est pas là, c'est au niveau du mental qu'il faut tenir bon, car c'est tellement frustrant et rageant de voir les kilomètres défiler si lentement, sentir une rafale qui me ralenti brutalement. Heureusement que mon esprit est rempli de toutes sortes de choses auxquelles je peux penser, et oublier ainsi la difficulté du moment. Un morceau de musique, des paroles que j'essaie de retrouver, un délire avec mon frère, un épisode de The Office ou Futurama, un film, un moment doux avec Annabelle. Je me surprends à parler tout seul, je chante, dis des conneries, bref, tout pour oublier Zéphyr et son souffle constant.
Le vent s'est finalement calmé, vers 17h30. Il a d'abord perdu de son intensité, pour petit à petit s'arrêter complètement. Et mon rythme d'augmenter au fur et à mesure! J'ai plié les 30 derniers kilomètres en une heure, et ma motivation est revenue instantanément. J'ai d'ailleurs décidé de me rendre à Calgary, j'hésitais ces derniers jours, car cela me fait faire un détour pour me rendre à Jaffray, mais mon voyage perdrait de son sens si je ne faisais pas le pèlerinage chez William, qui est à la source de mon inspiration! T'es sacrément fort, Will, car à chaque fois que l'on discute, tu trouves le ou les bons mots pour me regonfler le moral, et la motivation. Je me demande si tu le fais inconsciemment ou non, mais je pense que tu choisis bien tes mots (c'est lorsque tu as employé le mot "téméraire" que tu m'as bien remotivé!).
Je suis arrivé chez Sébastien un peu après 19h. Il m'a super bien accueilli, et m'a préparé un repas D-E-L-I-C-I-E-U-X! Du canard qu'il à lui même chassé, merveilleusement cuit, avec une bonne salade et une pomme de terre. Je me suis vraiment régalé, je suis pas près de l'oublier. On a passé ensuite le reste de la soirée à discuter en buvant de la bière, c'est un garçon très intéressant, son but est d'habiter dans toutes les regions du Canada! J'ai adoré ce moment. Vraiment, le couchsurfing, c'est magique!
tiens bon avec ce vent !! tu seras content de toi !!! bisous s s
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